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 Les enfants, un vrai bonheur ! Ou le jour où la parentalité est devenue secret d'Etat

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Erwan McSteen
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MessageSujet: Les enfants, un vrai bonheur ! Ou le jour où la parentalité est devenue secret d'Etat   Mer 27 Aoû - 18:01

◘ Mehdi M'baye


Mehdi soupira longuement. Il cliqua une énième fois sur l'encadré « validé » en bas de l'écran de l'ordinateur. Qui mis une trentaine de secondes à valider l'action. Il mitrailla du regard la barre de chargement qui, il était sûr, le narguait. Trop blasé pour râler, il se contenta de pousser un long soupir lassé comme on en pousse qu'en fin de journée. Il jeta un coup d'œil à l'horloge numérique, qui elle, heureusement, ne mettait pas moins d'une minute à se mettre à jour. 18h... Mihi devait l'attendre depuis plus d'une heure maintenant. Il soupira de dépit, désolé d'infliger cela à la petite. Mais elle était responsable aussi... À ne jamais rentré à l'heure et à ne jamais dire où elle partait. Et en plus, elle avait perdu le double des clés de l'appartement. Enfin... Prétendait. Avec son imagination débordante, elle aurait capable d'aller revendre ses clés à un refondeur, si cela lui permettrait de n'avoir ne serait-ce que trente centime de bonbon.


Un horrible bruit de carillon enroué retentit. Il n'osa pas trop bouger, de peur que le seul fait de faire trembler la table ralentisse encore plus –comme-ci c'était possible- cette limace informatique. C'est bon ! Il avait fini son travail ! Victoire ! Il salua ses collègues fantômes déjà partis depuis longtemps, attrapa ses affaires qu'il rangea en bouchon, pressé de partir puis quitta enfin cette pièce infâme. Il se retint de sauter de joie puis fonça vers la sortie de cour des primaires. Il espérait qu'elle soit allée à la garderie, dans cet endroit encadré, remplis d'adultes responsables, et d'autres enfants à peu près normaux et sociable. Et non pas toute seule dans la cour comme la dernière fois.


Il courut sur les derniers mètres, il n'avait même pas pris le temps d'enlever ses lunettes que, lorsqu'il arriva enfin à la cour des primaires et qu'il se préparer à appeler Mihi que... La cour était déserte. Il eut la légère impression que ses oreilles allaient fumer. Heureusement pour lui, une femme de ménage avait fini son service tout aussi tard que lui et sortait du bâtiment. Il se dirigea vers elle, bien décidé, tout de même, à retrouver sa nièce.


« Excusez-moi, je cherche ma nièce Mihi, vous ne l'auriez pas vu ? »


La femme le considéra un moment avant de sembler avoir un éclair génie :


« Oh la petite Mihi ? » Elle afficha un sourire, que Mehdi interpréta comme un bon signe de conduite de sa nièce. « Oh oui, elle a dit que seriez en retard pour venir la chercher. Elle a attendu un peu, puis elle est partie jouer chez sa copine, la petite Yana. Elle a dit que vous étiez d'accord. »


Les traits de Mehdi s'affaissèrent d'un coup. Sa nièce avait tendance à prétendre son accord bien trop souvent, et sans l'en avoir prévenu. Il sentit l'énervement de sa journée lui monter de manière fourbe au nez. Colère qu'il finit par, blasé et fatigué, expulsé dans un long soupir. Il considéra de nouveaux sa collègue, reconnaissant de savoir où se trouvait sa filleule.


« Je vous remercie, elle était censée m'attendre. Cette chipie a tendance à se croire tout permis, j'en suis réduit à venir la chercher pour être sûr qu'elle rentre. Je n'en savais rien voyez-vous. »


La femme de ménage afficha une moue contrariée. Mehdi espéra secrètement pour la petite qu'elle ne recroiserait pas son chemin, sous peine de se faire passer un second savon. Qui ne serait rien comparé à celui qu'il allait lui passer. Il allait tourner les talons lorsqu'un détail important le fit rebrousser chemin.


« Excusez-moi encore, mais elle habite où cette petite ? »

« Oh pas loin, sa mère travaille ici, dans les logements de fonction ! »

« Ah, et vous connaissez l'adresse ? »

« Non. »

« Et son nom de famille ? »
Ajouta-t-il espérant fouiller dans les bases de données de son ordinateur de fonction.

« Alors là, même si je le savais, j'aurais été incapable de le retenir ! La petite a des origines japonaises. »


Mehdi acquiesça longuement, échafaudant dans un coin de sa tête le plan pour récupérer l'adresse. Première étape, se réintroduire dans son bureau en forçant la serrure avec ses propres clés. Puis il irait fouiller dans les fichiers des renseignements sur les élèves, avec un prénom pareil se serait facile, mais si en plus la petite avec un nom japonais, c'était du gâteau. Elle était gentille sa petite Mihi tout de même, d'aller chez une copine à elle avec un patronyme des moins courant. Il remercia la technicienne de surface chaleureusement puis fit tout le chemin inverse qu'il venait d'exécuter, préparant en silence le tempétueux discours qu'il servirait tout chaux à sa filleul quand il la retrouverait.


Il franchit le hall, sous le regard désapprobateur de quelques élèves à la traine, considérant mal la présence d'un surveillant après la fin de la journée scolaire. Mehdi répondit à leur regard et les regarda avec joie déguerpir vers leur dortoir respectif. Il se lécha une canine en pouffant de rire, puis se rappelant l'urgence du moment, se dirigea vers son bureau. Il poussa la porte en retrouvant acerbe son lieu de travail qu'il n'avait pensé qu'à quitter toute la sainte journée. Il posa ses affaires au sol et alla se prépara un café. Pas qu'il n'était pas pressé, mais... le temps d'attendre les cinq longues minutes de démarrage de l'ordinateur. Il inspira profondément, allant chercher la paix intérieure pour ne pas réduire en miette la tour de ce qu'il oser appeler un ordinateur. La machine se mit à ronfler, produisant un bruit rappelant celui d'un airbus avant son décollage. Non, James avait cédé à la tentation, et l'administration avait refusé de faire réparer le sien. Il n'avait pas envie de se retrouver à gratter sur papier.


Il jeta un coup d'œil autour de lui. Il était rare de se retrouver seul dans cet endroit. Toutes les affaires de ses collègues étaient là : Les portes photos, les agrafeuses personnelles, les portes clés et autres petits gadgets inutiles, mais qui égayaient ce triste bureau. Une voix robotique agonisante lui signala que l'ordinateur était fin prêt à mettre ses nerfs et sa patience à l'épreuve. Tout sourire forcé, il fit glisser sa chaise roulante derrière son bureau comme il l'avait l'habitude de se déplacer dans le bureau, au grand dam de ses collègues. En deux trois cliques le voilà arrivé sur les données concernant les élèves. Il n'eut qu'à se diriger dans le fichier concernant les primaires et entra dans la barre de recherche le prénom indiqué « Yana ». Touché ! Comme il le supposait, il n'y en avait qu'une dans l'établissement. Il trouva immédiatement son adresse. Il découvrit surpris que la coïncidence avait placé ce logement de fonction à deux pas du sien. Il écrivit le numéro sur un post-it emprunté sur le bureau voisin. Il avait les siens, mais son collègue était tellement maniaque qu'imaginait sa tête en le voyant perpétré cet acte infâme qu'est le vol d'un post-it était tout simplement jouissif.


Il reprit donc sa route. Le chemin était moins long désormais ! Il réfléchit à ce qu'il dirait à sa fille. S'il devait être grognon tout de suite ou lui faire comprendre par des voies détournées sa bêtise. Elle n'en ratait vraiment pas une. Et dire qu'elle n'avait que neuf ans. Il n'osait pas imaginer le monstre qu'il aurait sur les bras lorsqu'elle entrerait au collège. Oh non ! Il secoua la tête, ne préférant pas y penser. Sa petite Mihi, au collège ? Elle resterait petite toute sa vie. Il espéra néanmoins qu'elle tenait plus de sa mère que du côté M'baye de ses gènes. Sinon, c'était foutu. Il se demanda comment sa mère avait fait pour les gérer tous. Il y avait bien sûr sa grand-mère, le grand-père et les tantes. La pauvre... Il devait penser d'ailleurs à l'appeler, sa pauvre mama. Sinon il pourrait être sûr que cette dernière viendrait le castrer en personne tout droit venant du direct Sénégal-Quebec.


Il quitta la cour de l'école pour s'engageait sur le parking. Sa propre voiture attendait sagement, garé près de la moto de James. Qui n'y était plus. Il s'interrogea, son frappadingue d'ewig était-il encore allé faire une virée sur l'autoroute à provoquer l'accident de deux trois poids lourds ? Il haussa les épaules. De toute manière, il lui ferait un interrogatoire complet à son retour. Et si même... Non... Peut-être que ce cachotier de James avait rencontré quelqu'un. Un sourire pervers s'étira sur les lèvres du surveillant. Oui... Il allait passer à la casserole celui-là ! On ne lui cachait rien à lui. Enfin sauf sa nièce... Son sourire s'évanouit alors qu'il poussa le grillage fermant le parking, celui donnant sur la cour réservée aux habitants du logement de fonction. D'où il était, il pouvait même distinguer la fenêtre de sa cuisine, ainsi que sa petite Kiziah qui l'épiait depuis celle-ci. Il sut que celle-ci bouillonnait de ne pas le voir rentrer. Il sourit, amusé par son ewig trépignant à le fenêtre, trop haut pour sauter, trop furieuse pour lui adresser des remontrances. Et le temps où son ewig lu en adressait était passé depuis longtemps. À la réflexion, il n'avait jamais eu lieu ! Mehdi avait toujours eu comme une position de force par rapport à elle. « Allez, viens me rejoindre ma belle. » Il sentit la bouffée de joie qui s'empara de son petit singe, qui de suite, il le savait, s'était empressé de sortir de l'appartement et devait dévaler l'escalier quatre à quatre. Il vit sa petite boule jaune et sable bondir hors des portes de l'immeuble et se précipiter vers lui, avait de sauter sur ses épaules et d'enrouler sa queue autour de son cou. Il lui gratta affectueusement le coup, tandis qu'elle se serait fort contre lui. Qu'il l'aimait sa boule de poil...


Son ewig récupéré, il finit par rentrer dans l'immeuble. Le logement était au troisième étage. Là, sa nièce avait moins bien géré son affaire... Il repensa à la poisse dont il était doté aujourd'hui et s'engagea dans les escaliers, grimpant deux marches à la fois dans l'espoir d'arriver plus vite. Il constata que l'immeuble était exactement comme le sien. Même couloir juste assez large pour faire passer des meubles, même moquette brune, même papier peint démodé. Il ressortit le papier de sa poche. Numéro 313. Il partit à droite du couloir. Puis revint sur ses pas mine de rien, constatant son erreur, et s'engagea à gauche. Après deux trois portes, il arriva finalement devant l'appartement. Il défroissa un sa veste, soucieux d'être tout de même présentable devant les parents d'une amie à Mihi. Il se contorsionna un peu sur lui-même, vérifiant qu'il n'avait pas tâché ses vêtements suite à la mystérieusement histoire de la tarte aux pommes volante qui était mystérieusement dirigée vers la table des surveillants. Il balança ses dreadlocks derrière ses épaules, espérant que se ne soit pas des coincé hurlant à la consommation de marie-jeanne dès qu'il voyait un type semblant apprécier même de très loin le reggae.


Il appuya sur la sonnette. Il entendit des voix d'enfant à l'intérieur. Il espéra que Mihi n'avait pas mis de bazar chez les autres. Des bruits de pas se rapprochèrent de lui et la porte finit par s'ouvrir. Lula ? Lula Tsuchya ? Sa collègue ? La femme avait qui il s'était pris le bec toute la journée ? Son visage se bloqua dans un gros « HEIN ? QUOI ? » et ne fut manifestement pas le seul...
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MessageSujet: Re: Les enfants, un vrai bonheur ! Ou le jour où la parentalité est devenue secret d'Etat   Mer 27 Aoû - 20:02

~ Lula Tsuchya

Lula se devait de ne pas connaître la fatigue. Elle n'avait pas le droit de céder au sommeille et c'était bien dur. Sa journée avait été longue et c'était terminée sur une heure d'étude avec des enfants plus insupportables les uns que les autres. Quand elle était allée chercher sa fille à dix-sept heure comme chaque soir, la gamine lui avait demandé si Mihi pouvait venir jouer chez elles et, en tant que mère un peu faible et voyant l'enfant seule, elle avait dit oui. Grossière erreur puisque maintenant il lui fallait s'occuper de deux enfants au lieu d'une. Bien sur, elle les trouvait adorables celles-ci et ne lui en faisaient pas voir de toutes les couleurs, il n'empêche qu'elle se devait d'être alerte au moindre soucis : ça n'était encore que des gosses. Heureusement, elle pouvait compter sur Shiva qui lui assura les garder à l’œil. Faisant confiance à son ewig, Lula laissa les deux fillettes ensembles et partit étendre le linge. C'était une corvée qu'elle détestait par dessus tout. Enfant, ça l'avait beaucoup amusé : avec sa petite sœur elle se cachait entre les chemises étendues. Aujourd'hui, c'était une tâche mécanique et très répétitive qui lui donnait envie d'investir dans un séchoir... Hélas, elle n'avait pas les moyens : elle soupira et se pressa de terminer. Lorsque tous les vêtements furent pendus, elle tourna les talons et n'adressa pas un regard à son œuvre pourtant bien faite.

Elle s'assura que les enfants se portaient bien et leur proposa de goûter ce qui les enchanta. La nourriture avait cet effet magique sur les gosses voire même sur les gens en général. La jeune maman mena les petites dans la cuisine et leur proposa des tartines avec de la confiture ou du nutella. Généralement la pâte à tartiner goût choco-noisette faisait l'unanimité et une fois encore son efficacité fut prouver. Lula ne put s'empêcher de sourire en voyant sa fille se régaler en compagnie d'une amie. Lorsque les gamines eurent fini elles sortirent de tables prestement pour continuer à jouer laissant en plan le pain et le pot à moitié vide. La surveillante secoua la tête et rangea elle même ce qui traînait. Elle passa même un coup d'éponge et profita d'avoir le champ libre pour cuisiner le dîner : carottes à la vapeur et steaks hachés !

Contrairement aux autres tâches ménagères, Lula aimait cuisiner. Bon, elle faisait des trucs simples qui ne nécessitait pas beaucoup de dextérité avec un fouet ou une poêle mais ça lui plaisait. Pendant qu'elle coupait les carottes en rondelles, Yana revint dans la cuisine :

- Maman ? Il faudra nourrir Tymcampy aussi !

La crevette rose attendait sagement dans son bocal posé sur un meuble de la cuisine. Le pauvre ewig avait pourtant un aquarium plus grand dans le salon qui devait être plus confortable pour lui... La jeune femme leva les yeux au ciel et prit son ton autoritaire de maman (et non de surveillante) pour interpeller sa fille :

- Yana ! Remets Tymcampy dans son aquarium ! Tu ne peux pas le laisser comme ça !

La fillette occupée avec Mihi fit la moue mais obtempéra : elle était assez docile. Elle fit signe à son amie de la suivre et toute deux débarquèrent dans la cuisine pour s'occuper de Tymcampy. Avec précaution elles l'installèrent dans le grand aquarium qui n'était là que pour lui et la crevette sembla ravie. Le petit animal éclaboussa même les deux gamines qui rirent joyeusement :

- Tu peux même le nourrir ! S'écria Lula depuis la cuisine.

Elle se demandait vraiment quand est-ce qu'elle pourrait souffler un peu. Certainement pas avant que Yana ait fini sa scolarité... Cependant, ces journées, quoique très fatigante, étaient aussi très drôles et pleines de joies. Pour sur, Lula ne changerait pas de vie même si ça impliquait d'avoir un sèche-linge et de vivre dans une grande maison.

Shiva la rejoint dans la cuisine, affamée elle aussi. Elle lança un petit regard plaintif à sa moitié qui ne tarda pas à lui donner un bol de salade plus ennuyée qu'autre chose de devoir s'occuper de tout. Un bêlement de remerciement se fit entendre et la jeune maman étouffa un rire :

- Je ferais cuire ça plus tard, pour l'instant j'ai très envie de me détendre devant la télé, tu viens ?

L'adorable agneau ne se fit pas prier et emboîta le pas à la jeune maman qui se laissa tomber sur le canapé du salon. Le petit animal grimpa sur ses genoux et tous deux se détendirent devant la télévision. Yana et Mihi s'amusaient dans tout l'appartement, se pourchassant par moment, criant, riant et ça faisait chaud au cœur de Lula qui ne se rappelait plus vraiment ce qu'était un foyer chaleureux. Elle pensa que ça devait ressembler à ça une famille normale. Il ne lui manquait que quelques années en plus ainsi qu'un père pour Yana mais ce n'était certainement pas sa priorité.

Il était maintenant dix-huit heures passées. Lula avait complètement oublié de demander à Mihi quand est-ce que ses parents viendraient la chercher mais elle ne s'inquiétait pas plus, la gamine lui avait dit qu'elle avait le droit de venir. Et puis ça ne la gênait pas vraiment. C'était, en plus, une des seules amies de Yana. Cependant quelqu'un sonna. À ce moment là, la jeune maman était encore devant la télé, emmitouflée dans une couverture noire. Shiva s'était endormie sur ses genoux et elle du la poser sur le canapé pour se lever et aller ouvrir. Qu'elle ne fut pas sa surprise en voyant sur le pas de la porte Mehdi M'Baye son collègue et certainement pas ami. Elle le fixa silencieusement pendant un moment sans exactement savoir ce qu'il fallait dire. Il avait l'air tout aussi surpris qu'elle ce qui n'était clairement pas bon signe :

- M'Baye, grinça-t-elle d'un air courroucé, après tout il l'avait dérangé pendant un moment de détente particulièrement plaisant : Qu'est ce qui t'amène ici ?

Elle affichait un sourire plutôt vorace signifiant clairement qu'il n'était pas le bienvenue. Sourire qui disparu quand elle entendit dans son dos Mihi marmonner :

- Ohoh... Tonton est là...

Elle ouvrit la bouche comme si elle s'apprêtait à dire quelque chose, se ravisa, se tourna vers la petite fille puis refit face à Mehdi et lui lança un regard qui signifiait « Ne me dis pas que c'est vrai ! » :

- C'est ta nièce ?!

Çà c'était la meilleure ! En tout cas, ça ne faisait pas du tout rire Lula qui pour le coup se promit de se renseigner sur les parents des amis de sa fille.
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Erwan McSteen
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MessageSujet: Re: Les enfants, un vrai bonheur ! Ou le jour où la parentalité est devenue secret d'Etat   Jeu 28 Aoû - 15:09

Ce fut sa charmante et très aimée collègue Lula qui lui ouvrit. Une de ses gracieuses créatures qui semblaient tout droit venir du ciel, avec anges, lumière divine, les violons, ainsi que tout le reste. Mais qui, malheureusement en chemin avait croisé le diable, qui lui avait donné un caractère imbuvable.

- M'Baye, l'accueillit-elle, manifestement ravie de le voir sur le pas de sa porte. Elle voulut, tout naturellement savoir la raison de sa venue, et irritée repris : Qu'est ce qui t'amène ici ?

Sa collègue semblait des plus ravie de le voir venir mettre les pieds dans son appartement. Malheureusement, sa tentative de le tuer sur place d'un simple regard échoua, et il ne comptait pas se porter volontaire pour le lui annoncer. Il avait ouvert la bouche pour répondre, mais encore déconcerté par cet imprévu, il fut totalement embrouillé. Lula Tsuhya, une mère ? Sans quitter Lula des yeux, il essaya furtivement, plus discret qu'un ninja d'apercevoir l'intérieur de son appartement. Ou plutôt celle qui s'y était invité. Il se dressa un tout petit peu sur la pointe des pieds, conscients du danger imminent. L'intérieur n'était pas riche, mais cela dit, il ne pouvait pas prétendre à mieux... Il aperçut le petit bout de métissé à la tête frisée, et ce dernier l'aperçut aussi.

- Ohoh... Tonton est là...

Mehdi lui jeta un regard rempli d'avertissement de privation de télévision le soir et de sucrerie le week-end. Avant d'être obligé de devoir se reconcentrer sur le dragon gardant son antre.-

- C'est ta nièce ?!

Mehdi marqua un temps avant que sa mâchoire acceptât de répondre aux indications envoyées par son cerveau. Il finit par lâcher, piteusement :

« Euh.... Oui. »

Il attendait le moment le Lula allait éclater de rire et se foutre de lui, mais... Celui-ci ne vint pas. Ses yeux faisaient navette entre lui et sa nièce. La nouvelle était bien trop choquante, de croire que, Monsieur le Flemmard félino-nocturne avait une vie parentale. Non, ne serait-ce qu'un l'étoffe d'un parent. Non, une déchirure de responsabilité parentale trouvée dans une poubelle. Et trouvé dans une poubelle parce qu'une personne responsable serait trop responsable pour lui en faire cadeau. Bref, Mehdi commença à trouver ce silence après cette révélation presque vexant.

« Oui, figure-toi que c'est possible. » Lui répliqua-t-il.

Vexé de ce manque de considération. Après tout, il s'occupait d'une fillette, lavait le linge, faisait à manger pour deux, devait aller la chercher à l'école, lui faire faire ses devoirs... Il était une famille monoparentale au même titre qu'elle, que cela lui plaise ou non. Il y eut un de ses échanges comme il s'en passait dix fois dans la journée. Cet échange de regard venimeux, porteur de menaces silencieuses, toutes plus ignobles les unes que les autres. Durant ce lapse de temps, qu'il se passe au bureau avec les collègues, en plein réfectoire ou en pleine annonce dans une classe, le lieu se transformait en une rue sablée de ville de farwest.

« Ecoutes, Tsuchya, enfin je veux dire... Lula... Je suis désolé que Mihi se soit invitée chez toi. Je n'étais pas au courant, j'ai fini plus tard aujourd'hui, elle était censée m'attendre et... »Il avait la certitude que sa collègue se fichait bien de ses petits problèmes personnels, mais la présence de Mihi dans son appartement méritait des explications. Un détail légèrement gênant restait, dont il contempla la frimousse hébété. Ahuri, il lui retourna sa propre question : « Tu as une fille ?! »

Une seconde petite frimousse apparu dans l'encadrement de la porte, pensant être assez dissimulé derrière la silhouette de son amie et de sa mère.

« Mihi, aboya-t-il, ça t'amuse de disparaitre comme ça, j'étais mort d'inquiétude ! »

La petite fille n'apprécia pas de se faire disputer devant son amie, et répliqua de suite :

« C'est ta faute aussi, tu n'as qu'à pas être en retard. » gémit-elle

« Mihi, tu me rappelles depuis quand c'est toi qui fixes les règles ? »

Il lui lança un regard courroucé accompagné du fameux froncement de sourcil paternel. Mais il comprenait bien que la petite en ait assez de devoir attendre tout seul dehors. Et lui non plus n'était pas rassuré de la laisser toute seule, mais d'après mademoiselle apparemment la garderie c'était pour les bébés. Mais il ne sentait pas obligé non plus de se justifier à ses moindres faits et gestes auprès d'une enfant de neuf ans.

« Excuse-moi mon ange, j'avais oublié à quel point j'aimais bosser deux heures de plus. » répondit-il lassé.

« T'es pas obligé. »

« Très bien Mihi, demain, on mange la moquette en salade. Et tu t'habilleras avec les rideaux du salon. Et puis tant qu'on y ait, on brûlera la table à manger pour se chauffer, c'est toi qui t'occupes de la débiter, hein d'accord ? »

L'enfant regardait ses pieds, les mains croisées dans son dos. Elle pinça les lèvres en regardant ailleurs, signe qu'elle avait bien reçu le message et qu'elle réfléchissait. Elle coula un regard espiègle à son oncle en étirant les lèvres, avec un air de petit lutin.

« D'accord. »

Mehdi la regarda de haut, outré de son insolence, mais ne put retenir un sourire attendrit, bien que toujours en colère. Cette gamine alors... ! Cette dernière y vit une ouverture et continua dans sa foulée :

« Ouai, et j'veux pour mon anniversaire une hache grande comme ça. » Elle écarta grand les bras. « Comme ça, je pourrai aussi faire le buffet de la cuisine. »

Mehdi roula des yeux avant de la regarda en silence, bras croisé avec un air des plus sceptique, qui avec les sous-titres donneraient : « T'essayerais pas de te foutre un peu de moi par hasard? ». Il était fatigué de sa journée. Il n'avait qu'une envie, c'était de rentrer chez lui, se reposer dans son canapé pour conserver le plus d'énergie possible dans l'espoir de faire un repas digne de ce nom.

« Fantastique ma chérie. J'ignorais que j'avais un vrai bonhomme sous mon toit. En attendant que tu réduises la maison en petit bois, va-donc chercher tes affaires, il est temps d'y aller. »

La petite protesta en babillant des paroles inintelligibles, comme quoi elle voulait rester avec sa copine, et que sa maman avait été très gentille. Il jeta un regard coin à Lula, se retenant de ne pas rire, ignorant que, le cyclone ambulant pouvait être considéré comme une « gentille maman ». Déjà que l'adjectif « maman » lui faisait déjà assez drôle, alors accolé à « gentille », on pouvait difficilement faire pire ! Cela ne dura pas longtemps car le gang des gamines mignonnes et infernales s'allia pour une chorale de piaillant « silvouplait-silvouplait-silvoulait », manifestement adressés aux deux adultes. Les petites finirent par abandonner, découragées par la réactivité des adultes et retournèrent à l'intérieur de l'appartement, laissant face à face les deux tuteurs.

Mehdi considéra Lula. À la voir comme ça, devant son foyer avec sa fille, il avait un tout autre point de vue sur sa collègue. Non pas la femme froide, renfermée avec qui il passait des journées entières à exécuter les mêmes taches et parfois à se prendre le bec. Enfin, lui devait bien lui reconnaitre certaines qualités, elle ne se laissait pas marcher sur les pieds et avait une volonté de fer ! Et même s'il n'aimait pas le fait de devoir lui être redevable, sa petite Mihi lui avait forcé la main, il était reconnaissant envers.

« Merci d'avoir gardé la petite. Et désolée qu'elle t'ais forcé la main aussi. »

Il afficha un sourire gêné, espérant que la petite ne mettrait pas trop de temps, ou il se ferait tailler les oreilles en pointe le lendemain au boulot. Il était sincère, mais par ce biais vulnérable aux crocs de Lula la louve, et si elle le désirait, ne ferait qu'une bouchée de lui.
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MessageSujet: Re: Les enfants, un vrai bonheur ! Ou le jour où la parentalité est devenue secret d'Etat   Dim 7 Sep - 15:49

Lula avait toujours pensé être une jeune femme ouverte d'esprit : elle n'aimait pas juger aux premiers regards et étaient rarement choquée car prête à croire le plus improbable. Elle avait apprit au cours de sa vie que ce que l'on voyait cachait toujours des choses, qu'il fallait aller plus en profondeur et qu'ainsi, on découvrait ce qu'on aurait jamais cru possible. Mais bien sur, elle ne prenait que très rarement la peine de s'intéresser aux autres : elle était très occupée entre sa vie, son boulot et sa fille...
Cependant, elle était bouche bée devant cette nouvelle incongrue. Mehdi avait une nièce. Il s'occupait d'une enfant... Comment ? Pour la surveillante, le fait que les cochons volent ou que les baleines dansent la samba étaient largement plus plausible que ça ! Du coup, tant que le jeune homme ne le confirmait pas, elle rejetait en bloc cette réalité :

- Euh.... Oui.

Et voilà qu'il lui jetait à la figure ces quelques mots qui l'abasourdirent d'autant plus. Pendant un instant elle chercha même dans sa mémoire si elle n'avait pas entendu parler de faits extraordinaires portant sur un cochon volant ou une baleine dansante. Les bras auraient pu lui en tomber, elle s'étonna que cela ne se produisit pas, et resta coi, sans savoir quoi dire ou faire. Pourtant elle aurait pu profiter de cette révélation pour lui rire au nez et lui balancer toute son incompétence ! Après tout, n'était-il pas arriver une heure en retard chercher Mihi ? Mais non, aucun sens de la répartie ne lui vint et elle demeura pantelante face à son collègue :

- Oui, figure-toi que c'est possible.

Lula se rendit compte qu'elle l'avait vexé mais s'en ficha comme de ses premières chaussettes. Elle reprit plutôt contenance, outrée qu'il lui parle si sèchement alors qu'elle venait de s'occuper de l'enfant dont IL avait la charge. Ne pouvant décemment pas dire à voix haute tout ce qu'il lui venait en tête, elle le fusilla d'un regard abominablement noir et il lui répondit. L'échange silencieux ne dura que quelques secondes mais l'ambiance s'alourdit un peu plus, pour autant les deux fillettes ne se sentirent pas mal à l'aise, incapables de saisir la tension ambiante :

- Ecoutes, Tsuchya, enfin je veux dire... Lula... Je suis désolé que Mihi se soit invitée chez toi. Je n'étais pas au courant, j'ai fini plus tard aujourd'hui, elle était censée m'attendre et...

Elle fit une moue désapprobatrice lorsqu'il prononça son prénom et son visage se ferma complètement lorsqu'il posa la question qu'elle aurait voulu qu'il taise :

- Tu as une fille ?!

La japonaise se retint de lui balancer à la figure un « casse toi » peu raffiné mais qu'elle trouvait de circonstance. Non vraiment, elle ne voulait pas en parler si bien qu'elle émit un grincement de mécontentement mais ce n'était pas politiquement correct de ne rien dire et surtout qu'il y avait sa fille. Elle ne voulait surtout pas blesser son enfant en tenant des propos déplacés simplement parce qu'elle était vexée :

- Je peux concevoir que ça t'étonne mais oui. C'est ma fille.

Par chance, peut être, Mihi se montra à ce moment interrompant un débat qui aurait fatigué et énervé Lula plus que de raisons. En effet, le jeune homme se mit à disputer sa nièce récalcitrante et apparemment désobéissante. La surveillante eut l'impression de rentrer dans l'intimité de la petite famille et se sentit quelque peu gênée. Par contre elle comprit un peu mieux Mehdi, faisant face aux mêmes problèmes en tant que mère célibataire : il n'était pas toujours facile de concilié vie de famille et travail. Cependant, il lui était impossible de se plaindre, cette vie qu'elle menait actuellement était toujours mieux que celle qu'elle avait vécu avant. Parfois elle avait même du mal de croire que tout ceci était vrai et elle se trouvait bien chanceuse d'avoir décrocher ce job et de pouvoir par la même occasion, assurer un futur à sa fille qui profitait d'une éducation scolaire que Lula ne pouvait tout simplement pas lui offrir autrement. Et si la jeune maman avait longuement été inquiète pour Yana qui avait du mal, dans un premier temps, à se faire des amis, elle était maintenant rassuré de la voir la supplier pour inviter quelqu'un le temps d'un après-midi.
En parlant de ça ! Maintenant que Mihi et Mehdi avaient fini de régler leur compte et que l'oncle souhaitait rentrer, les petites suppliaient pour rester ensemble plus longtemps. Lula ne flancha pas et campa ses positions : si Mihi devait partir, elle partait. Elle finit même par ne plus répondre à sa fille et les deux amies abandonnèrent laissant les adultes dans l'entrée pour aller chercher les affaires de celle qui devait maintenant s'en aller.

Maintenant en face à face, Lula pouvait dire tout ce qu'elle pensait à Mehdi mais elle fut prise au dépourvue par le jeune homme qui lui adressa de sincères remerciements :

- Merci d'avoir gardé la petite. Et désolée qu'elle t'ais forcé la main aussi.

Elle haussa les sourcils et afficha un sourire narquois sachant que ça coûtait à Mehdi de lui devoir quoi que ce soit. Mais au lieu de s'en prendre méchamment à lui comme elle aurait pu aisément le faire, elle soupira et se détendit, ses traits s'adoucirent rendant son sourire presque amical :

- Tu sais que je ne l'ai pas fait pour toi n'est-ce pas ?

Elle vrilla ses yeux chocolats sur le jeune homme inspectant ses réactions. C'était vrai, si Mihi était venue c'était avant tout parce que ça faisait plaisir aux deux petites. Elle n'avait certainement pas pensé à rendre service à qui que ce soit à ce moment. Enfin si, elle rendait service à Mihi. Cette pauvre enfant attendant désespérément qu'on vienne la chercher...

- Et tu sais aussi que c'est irresponsable de laisser une enfant toute seule dehors ? Qu'est ce que tu aurais fait si ça avait été quelqu'un d'autre qui l'avait récupéré ?

Elle marqua une pause, malgré ses propos pas vraiment sympa elle ne se montra pas agressive. C'était plus de l'inquiétude par rapport à Mihi qu'autre chose. La vie de ce mec qu'elle considérait comme un dépravé limité ne l'intéressait pas le moins du monde et elle se fichait bien de le savoir en galère : tous les surveillants de cette école devait être en galère. Mais, avant qu'elle n'ait pu reprendre, Yana revint dans l'entrée, apparemment seule et d'un ton autoritaire qu'elle avait emprunté à sa mère clama :

- Mihi ne rentrera chez elle que si tu me promets qu'elle reviendra.

Elle avait les mains sur les hanches, les sourcils froncés et son nez retroussé. Ses yeux plissés cherchaient à déceler la moindre trace de mensonge chez sa mère qui la fixait d'un air amusé. Lula se tourna alors vers Mehdi :

- Je suppose que je n'ai pas le choix alors... Je te propose un deal. Étant une adulte responsable qui ne laisse pas une enfant seule après l'école je me propose de récupérer ta nièce et de la garder quand tu finis plus tard.

La jeune femme lui adressa cependant un regard qui signifiait clairement qu'il ne devait rien s'imaginer et qu'elle ne l'appréciait toujours pas. Yana cria de joie et repartit vers son amie lui annoncer la bonne nouvelle pendant que les deux adultes continuaient à se regarder dans le blanc des yeux. Lula espéra ne pas regretter sa générosité...

[désolée pour le retard mais j'ai du reprendre le rythme avec la rentrée ^^ Maintenant que je suis à nouveau dedans je gèrerai mieux :)]
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Les enfants, un vrai bonheur ! Ou le jour où la parentalité est devenue secret d'Etat

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