Eternal Time ♪


 

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 It doesn't even matter...

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Eve Gryen
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MessageSujet: It doesn't even matter...   Mer 27 Aoû - 16:51

It Doesn't even matter...

Je crois que maintenant, je connais par cœur ce bar, la disposition des tables, les services des serveurs, leurs noms aussi et même, quand est-ce qu'ils prennent leur pause. Je ne suis pas alcoolique hein, je bois un peu et la plus part du temps, je drague. Je suis pas nymphomane non plus. Disons que j'ai eu quelques petits soucis et que j'ai pas trouvé mieux pour remonter la pente. Ayant en sainte horreur la drogue (j'entends ce qui se fume, ce qui se renifle et ce qui se pique) je n'avais pas trop d'autre exutoire. Alcool, sexe and rock and roll ! Et puis bon, je suis jeune, j'ai bien le droit de déraper un peu. Je finirais bien par retourner sur la bonne route. Me demandez pas quand, je sais pas. Je croyais que ça viendrait plus vite... Mais non, je suis encore perdue à faire n'importe quoi ! Lisa me dit que je suis bête parce que je le sais, parce que j'ai conscience que c'est pas la meilleure solution mais que je le fais quand même... Elle a raison. Je suis une crétine. Mais une crétine qui s'assume ! Et franchement, j'arrive pas à faire face autrement. J'ai pas envie d'affronter ma peine. Je sais que ce n'était pas exactement le discours que je tenais quand j'ai rencontré Aiden mais ces deux mois de vacances m'ont juste trop déprimée. Un sentiment de solitude mélangé à de la mélancolie et à de la peur... Ouais. J'ai eu mon bac (enfin !) et je suis seule. Avec personne vers qui me tourner alors je n'ai pas d'autre choix que de regarder droit dans les yeux ce futur totalement incertain qui me fait complètement flipper. J'aurais préféré rester lycéenne toute ma vie tiens ! Enfin, j'ai bien des amies mais je crois qu'elles n'ont pas besoin de m'entendre me plaindre.

Pfff, je préfère boire plutôt que me torturer l'esprit. Et c'est ce que je fais. Généralement, je commande un cocktail au bar où je m'assieds en faisant bien attention à laisser les chaises à côté de moi libres. C'est une invitation à qui aurait envie de me tenir compagnie. Mais ce soir, je sais pas. Y a pas grand monde. Alors j'ai deux hypothèses au pourquoi du comment : soit il est pas assez tard. Soit... Soit... Soit...
En fait je n'ai qu'une hypothèse. Je jette un coup d’œil à la pendule accrochée derrière le comptoir, il est dix-huit heures trente. C'est, en effet, un peu tôt. Mais c'est aussi l'happy hour ! Et deux cocktails pour le prix d'un ! Alors non, ça n'arrange pas mon cas mais je sais qu'ici je ne crains rien, personne ne me fera de mal même si je suis bourrée. De toute façon je suis la plus dangereuse de ce bar (à moins qu'il y ait un autre mutant), tiens ça c'est une option que je n'ai pas étudiée : me lancer dans la délinquance ! J'aurais pu braquer des banques, casser la gueule à des connards. Tout ça quoi ! Un rire que je ne contrôle pas s'échappe de mes lèvres, signe que l'alcool agit sur mon organisme comme à chaque fois. J'ai l'impression d'avoir l'esprit très clair et que tout ce que je pense est très logique : j'ai arrêté de me remettre en question. Je fais comme si j'avais raison de me comporter ainsi alors que je sais, je le sais, que j'ai tort.

Je fixe le fond de mon verre vide. Je trouve ça très triste un verre vide. Moi aussi je suis un verre vide. Complètement vide. Je ne sais pas si c'est l'alcool ou si c'est juste que j'en peux plus mais j'ai envie de pleurer. De me recroqueviller dans un coin et de pleurer comme une gamine. Comme l'enfant que j'aurais voulu être. Au lieu de ça, je recommande un verre. Ça fait moins con (et je serais moins triste de voir un verre plein). Du moins c'est ce que je crois. Pourtant j'en ai vu des gens qui se soûlaient pour oublier et je les ai toujours trouvés cons alors pourquoi moi je dérogerai à la règle ? Certainement parce que je pense avoir une bonne raison... Je ris à nouveau, et j'en profite pour ravaler mes larmes : je ne suis qu'une hypocrite. Je juge sans arrêt sans savoir et maintenant que je suis à ce bar et que je bois j'aimerai connaître l'histoire de ces personnes que je jugeais connes. Le patron me regarde d'un drôle d'air mais il a l'habitude. Il me connaît. Deux mois que je fréquente son bar. Deux mois que je pète les plombs toute seule parce que, quand quelqu'un vient s'asseoir sur cette chaise vide à côté de moi ce n'est pas pour écouter mon histoire mais pour coucher avec moi, je suis constamment seule pour être triste. Ça devrait me mettre en colère. Ça devrait me rendre folle de rage mais ça m'apaise en fait. On me considère comme un bout de viande et c'est tout ce que je suis. C'est tout ce que je veux être.

C'est requinquée par ces pensées pourtant pas très joyeuses, que je me fais aborder par un homme. Je ne saurais dire s'il est beau ou pas. J'ai de toute façon trop bu pour émettre un jugement cohérent. Il me paraît beau mais c'est sûrement dû à l'alcool. Il me parle et j'en oublie mon chagrin. Moi je ne l'intéresse pas. Mon corps si. Intérieurement je ris de moi, ou peut être que je le fais en vrai. Lui, il doit avoir les idées claires. Je crois que je le vois dans son regard. Mais est-ce que c'est bien son regard ? Est-ce que c'est pas simplement moi qui vois ses yeux à lui partout ou je vais ? Sur le moment je ne me pose pas la question, je souris, je minaude, je joue. Je ne me sens pas bafouée d'être utilisée de la sorte. Je n'ai plus assez de dignité et de fierté pour me sentir rabaissée. C'est triste à dire mais je ne suis plus qu'une loque. Et puis mon jeu marche bien car il se penche vers mon oreille et me fait une proposition des plus indécentes qui me fait sourire jusqu'aux oreilles. J'oublie tout. Vraiment tout. Ma peine, mon amertume, ma peur du futur, ma solitude et même ma culpabilité. Ça disparaît pour un temps. Autant que ma conscience se tait. Il n'y a plus de moment de lucidité. Plus de moment où je me dis que je vaux quand même mieux que ça (de toute façon, c'est faux).

Toutes ces pensées qui m'assaillent, je suis sure que c'est des trucs auxquels je pense tous les soirs mais que j'oublie parce que je bois et que je couche. Est-ce que ce soir ce sera pareil ? Y a aucune raison que ça ne le soit pas. Et puis j'ai envie d'oublier. J'ai envie de me re-pencher sur ces questions autour d'un verre demain. J'en ai déjà envie alors que ce soir n'est même pas fini. Mais j'y réfléchirai plus tard, pour l'heure on se lève et on se dirige vers les toilettes pour homme. Il a l'air ravi. Et moi ? De quoi j'ai l'air ?
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Erwan McSteen
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MessageSujet: Re: It doesn't even matter...   Lun 1 Sep - 16:54

Il fit rouler dans sa paume une nouvelle fois les ronds de cuivres et d'argents dans sa paume. Les traits du visage durcis, il comptait et recomptait sa monnaie pour la troisième fois. Il espérait avoir assez pour se payer quelque chose à boire. Peut-être cela lui passerait l'envie de fumer. Il regarda pour l'énième fois le nom du bar. Il était d'une drôle de transparence à cette heure-ci. On était encore à la fin de l'été, le soir tombait tard, les échoppes n'avaient pas d'intérêt à faire fonctionner plein pot ces Leds et ainsi attirer tous les poivrots de la ville à la manière d'insecte avec une lampe. Il hésita encore, ayant le sentiment que la soirée n'allait pas se passer comme prévu. On lui avait indiqué une adresse et un numéro, il avait appelé depuis une cabine téléphonique, il n'avait pas de portable. On lui avait donné rendez-vous dans cet endroit, un bar du centre-ville, assez tranquille, remplit d'étudiants et de jeunes adultes ravis de gaspiller leur argent en boisson pour valoriser leur réputation. Il fronça le nez, contrarié. Ce n'était pas le genre d'établissement où il était bien accueillit. Il sentait déjà presque les regards hilares des autres consommateurs posés sur lui. Hilare, car ils seraient, sans aucun doute, tous ivres, changeant des regards dérangés et effrayés de d'habitude.. Les petites nénettes avec leurs talons sur plateforme et leurs seins refais qui ne tenaient pas l'alcool, Erwan avait comme un sixième sens pour les repérer. Enfin, ce n'était pas très dur, ce n'est pas comme-ci c'était le genre de personne qui ne s'affichait pas en public.

Il souffla un baissa les yeux sur sa monnaie. S'il ne consommait rien, il allait se faire jeter. Et une bonne cervoise en pression n'était pas pour le dégouter, bien au contraire : l'odeur de l'orge fermentée venait, aguicheuse, lui chatouiller les narines. Il craqua. Tant pis ! Cette affaire n'était pas nette, mais il avait vraiment besoin d'une source de revenue, même minime ! Il pénétra dans l'établissement, décoré dans des tons criards, à l'image des jeunes gens assis à des tables, sirotant des cocktails chamarrés de couleurs encore plus chimique et douteuse. Lorsque qu'Erwan pénétra dans l'établissement, il avait la quasi-certitude qu'on s'était foutu de lui. Il eut trois choix s'offrant à lui. Le premier consistait à commander quelque chose au barman qui l'avait repéré et s'asseoir sur une chaise et attendre désespérément qu'on vienne le trouver. Le deuxième résidait dans l'objectif de sauver les meubles et de feindre d'apercevoir le barman et d'éviter les serveuses et foncer vers les toilettes. Le troisième était de partir tout de suite et maintenant.

Le blondinet s'ébouriffa les cheveux, cherchant un quelconque animal étrange dans la salle, peut-être y aurait-il des membres de la foire aux bestioles d'Eternal Time dans la salle. Une pensée heurta ses derniers espoirs : il était pitoyable de sa part de chercher partout où il allait une quelconque appartenance avec cette école qu'il avait fuie de toutes ses forces il y a un an auparavant. Cela le déprima, et il se dit qu'une bière lui remonterait le moral.
Erwan se dirigea donc vers le bar où il commanda une cervoise. Il remarqua que le fond du bar était peu peuplé, et que les rires de bécasses prenaient plus de temps à parvenir jusque là-bas. Il décida d'y établir son camp de base pour la soirée. Le jeune marginal se laissa glisser sur le siège de la banquette. On lui apporte dans un grand verre sa commande. Le liquide à la lumière des néons rayonnait Comme... comme ses yeux ! Il avait les yeux couleur bière... Il se sentit encore plus misérable qu'il ne l'était et bu alors sa première gorgée.

Au bout de dix minutes, il n'avait vu personne venir et avait la réelle certitude d'être perdu. Il espérait que Jemina reviendrait bientôt. Il était perdu, n'arrivait à rien gérer tout seul, il avait besoin d'elle. Cela faisait très longtemps qu'elle était partie. Il n'avait plus de nouvelles depuis très longtemps. Il se demanda avec amertume si elle ne l'avait pas oublié. Son cœur se serra, il s'était rarement senti aussi seul. Il se demanda alors s'il ne devait pas appeler sa propre mère. Il se passa les mains sur le visage, s'enfonçant les ongles dans sons crâne. Merde alors, il avait envie de pleurer.
Il s'essuya le visage, se forçant à ravaler l'eau qui lui venait aux yeux. Il sentit l'espace d'un instant son corps s'ouvrir par de multiples fissures, jamais refermées. N'y tenant plus, il avala d'une traite le reste de sa bière et se leva. Il posa sa monnaie maladroitement sur la table et se dirigea vers les toilettes du bar. C'est alors que poussant la porte, il se trouva nez à nez avec une blondinette l'air perdu. Blonde, plus jeune que lui, l'air assez paumé dans sa tête et c'était aussi à se demandait si l'espace autour d'elle lui rappelait quelque chose. Toute son amertume s'envola. Les yeux rouges, plissé en ce regard bridé qu'on les gens ivres pris d'un peu trop d'allégresse. Erwan ne dit rien et hésite à esquisser un sourire. Il n'a pas vu l'homme plus âgé qui est entré avant elle. Ses yeux se plissèrent en un regard rieur. Il devait commencer aussi à apprécier le goût de sa bière, car il se surprend à trouver la situation assez cocasse.

« Jeune fille, je crois que tu t'es trompé de porte les femmes, c'est à côté. » Il a regarda de haut en bas, se demandant ce qu'elle avait pu boire et combien surtout pour en arriver là. « Ou alors ton traitement et vachement efficace et t'es le trans' le plus mignon que j'ai vu. » Ajouta-t-il les yeux fixés sur ses pommettes hautes d'une forme des plus féminines qui soit, la mine impressionnée.

Il se demanda si la fille allait continuer de le regarder avec son air paumé ou finir par le laisser passer en songeant admiratifs aux progrès fulgurants de la science.
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Eve Gryen
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MessageSujet: Re: It doesn't even matter...   Dim 7 Sep - 17:47

J'ai toujours détesté les toilettes des bars. C'est souvent sale, mal entretenu, ça pue et on y retrouve des mecs bourrés ou défoncés, voire les deux dans certains cas. En tout cas, chez les hommes. Pour ce qui est des femmes c'est à peine plus propre... mais ça laisse à désirer. Le fait est qu'avec pas mal d'alcool dans le sang, on s'en fiche bien de la propreté des toilettes, et je ne fais pas exception. Disons plutôt que je déteste les toilettes des bars quand je suis sobre ! Et là, puisque l'odeur ne prend pas à la gorge, puisque je ne fronce pas les sourcils, puisque je n'ai pas un mouvement de recul quand je rentre dedans, je peux assurer que je suis bourrée. Complètement torchée même. Mais bon, je n'en ai absolument pas conscience et je crois que je m'en fou. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça de toute façon ? Ça détruit des neurones ? Et alors ! On en a trop ! Je les entends déjà les phrases toute faite : « l'alcool ne règle pas les problèmes », « tu fous ta santé en l'air » et autres merdes dans le même genre. Mais je fais ce que je veux ! C'est peut être idiot, ça fera peut être pas disparaître ce qui me tourmente mais j'ai rien d'autre. Rien d'autre que ces soirées nulle à chier ! De toute façon, qu'elles soient bien ou pas ça n'a pas d'importance : demain j'aurai tout oublier et c'est pas plus mal.

Le gars qui m'a ramassé est déjà à l'intérieur. Comment fait-il, lui qui est encore à peu près sobre pour supporter cet endroit ? Peut être la perspective d'un moment agréable lui fait-il oublier le cadre... Un sourire cruel apparaît sur mes lèvres quand je prends conscience de combien cet homme est pathétique, il l'est autant que tout ceux qui m'ont emmené dans ces chiottes avant lui. Il n'y a qu'une exception et elle s'appelle Aiden. Parce qu'avec lui je peux assurer que c'était différent (outre le fait qu'on avait choisi ceux pour femme)... Ce sourire complètement injuste de ma part quand on voit dans quelle situation je suis, s'estompe rapidement et à mon tour j'entre dans ce repère à microbes et à immondices.

Le truc auquel je ne m'attendais pas c'est ce mec qui se trouve devant moi. Ce mec qui l'espace d'un tout petit instant me fait demander ce que je fais là. J'ai tellement du mal à aligner deux pensées cohérentes et j'en ai tellement peu conscience que je le regarde comme si c'était lui qui n'était pas à sa place (car l'idée que ça soit moi me paraît absurde). Je jette un regard aux alentours pour voir s'il n'y a pas quelque chose qui pourrait m'être familier et il y a ce gars, celui qui m'a emmené là. Celui que j'ai laissé m'emmener là :

« Jeune fille, je crois que tu t'es trompé de porte les femmes, c'est à côté. »

Je fronce les sourcils en me demandant le sens de ses paroles. Non vraiment, il n'a rien compris. Je papillonne des cils, je le regarde comme il me regarde, curieusement. Enfin, je ne sais pas vraiment... Parce que je ne suis plus tout à fait moi même et que peut être, j'ai les yeux vitreux et rouges :

« Ou alors ton traitement et vachement efficace et t'es le trans' le plus mignon que j'ai vu. »

Je ne sais pas trop ce qu'il se passe dans mon cerveau. De toute façon il n'a jamais très bien fonctionner alors s'il est alcoolisé... n'en parlons pas. Il n'empêche que je ne sais pas ce que je fais comme amalgame, ou ce que j'entends. Je ne sais pas ce que je retiens de ces pauvres mots mais je redeviens la fille qui a besoin de se sentir femme. Femme ou désirée... Je ne sais pas trop, à vrai dire je suis plus apparentée à un objet qu'à une femme mais comme sur le moment je ne le sais pas vraiment... Enfin bref. Je joue la catin. La fille dégueulasse et trop vulgaire... La fille que je ne suis pas. Que je ne voudrais surtout pas être mais que j'incarne là, face à des inconnus. Je me ridiculise et je ne le sais même pas : je crois que c'est ce qu'il y a de plus triste dans cette histoire...

« Si je suis à ton goût, joins toi à nous... »

Je lui offre un sourire enjôleur, une petite voix mignonne, un regard aguicheur. Je ne suis pas celle que j'étais il y a deux secondes et qui se demandait ce qu'elle foutait là. Je suis celle qui sait très bien pourquoi elle est là et qui se dit qu'il faut en profiter.
Je désigne d'un geste de la tête l'autre mec qui se tient un peu plus loin. Je serais bien incapable de dire si l'idée lui plaît ou pas...

« Et puis tu pourras vérifier si je suis une fille ou un garçon ! »

Et je glousse d'une manière que je veux mignonne mais je ne sais pas ce que les autres perçoivent. Je ne sais plus différencié la réalité de mes rêves. Je n'ai plus la moindre idée de ce qui est vrai ou pas. Ça n'est pas bien, car si je confonds tout je risque de me retrouver dans les bras d'un mort sans m'en rendre compte. Je risque de voir ceux qui sont partis trop tôt et de vouloir profiter d'eux encore un peu. Je suis écœurante. Je suis abominable. Et je n'arrête pas de l'être.
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Erwan McSteen
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MessageSujet: Re: It doesn't even matter...   Mer 24 Sep - 18:04

Il faillit s'arrêter de parler en voyant la moue de la jeune fille. Celle de la caricature de la personne complètement torchée qui ne saisit rien de ce qu'on lui dit. Il la voyait bien comme toutes les autres, lui claquer la porte au nez et s'en aller en gloussant, allant de son petit commentaire : "Il est trop bizarre ce mec !" Cependant, un large sourire s'étira sur les lèvres, le genre de sourire trop grand qui n'apparaît qu'après trois verres. Il avait oublié que cette nana était complètement bourrée.

« Si je suis à ton goût, joins-toi à nous... »

La voix était aguicheuse, le regard lourd de sous-entendu, et l'homme derrière lui affichait la même grimace affublée par la fille un instant plus tôt et un physique à s'appeler Dédé et sûrement pas l'âge légal pour aller faire la visite des toilettes masculines à la petite blonde. L'inverse eut été plus juste. Erwan resta abasourdit et dû se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire. Il ne s'attendait pas à ce que sa première proposition de plan à trois se fasse dans les toilettes d'un bar suite à une recherche d'emploi infructueuse. Son regard insistant et son sourire aguicheur aurait pu réveiller une faim en lui, mais la situation était tellement pitoyable qu'il n'aurait pu s'en apercevoir.

« Et puis tu pourras vérifier si je suis une fille ou un garçon ! »

Elle se mit à rire l'air complètement dépravé et avec la grâce d'une otarie. Erwan sut alors de suite que c'était une fille. Avec un rire pareil, même bourré, un homme n'aurait pas pu en faire un semblable. Oui, c'est ça, elle était ivre. Sinon, elle ne l'aurait jamais invité à la joindre dans les chiottes. C'est que d'habitude, les filles le jugeaient très bizarre. Il avait vraiment un nez long aussi. Et puis il n'avait pas eu beaucoup de relations sociales depuis qu'il avait arrêté de fréquenter l'école. L'idée ne lui paraissait pas bonne. Déjà, son acolyte ne disait rien qui vaille. L'abstinence lui paraissait vraiment une excellente. La fille était mignonne, et complétement ivre, nombre aurait sauté sur l'occasion, comme le type qui le toisait d'un air désapprobateur. Surement était-il en train de se dire qu'il aurait dû en prendre une moins bavarde. L'idée ne lui disait pas grand chose, notamment la chose qui avait des bras aussi gros que ses cuisses. Des bras normaux en somme.

-Ton pote n'est pas vraiment genre...
bien obligé de répondre à la fille entravant l'entrée.

Il jeta un coup d'œil peu convaincu à son acolyte qui lui le toisait toujours d'un œil mauvais. Il paraissait nettement plus sobre que celle qu'il avait entraînée ici. Il s'éloigna des cabines pour venir prendre le bras de sa conquête. Il devait voir d'un mauvais œil qu'elle invite des étrangers à leur partie de jambes en l'air dans les cabinets. Il paraissait nettement plus sobre que celle qu'il avait entraînée ici.

Il se revit quelques années plus tôt dans une autre soirée, avec une autre blonde, complètement ivre. Gwendolyn. Quoique, si Erwan avait eu des seins et les cheveux longs, surement aurait-il revu son jugement à la longueur de sa jupe. Et alors que c'est lui-même qui l'avait invité à venir. Ça valait le coup de lui avoir cassé un carreau... Il regarda à nouveau cette fille, songeant l'espace d'une seconde à ses propres déboires alcoolique, comparant sa misérabilité à celle de cette fille qui trouvait réconfort à donner son corps à la première épave venue.
Son regard devint un peu triste, en songeant aux raisons qui l'avaient poussé à picoler toute seule, et aux raisons pour lesquelles il avait fait exactement la même chose quelque années plutôt. Il lâcha un soupir résigné. Sans doute devenait-il plus acerbe avec l'âge, il ne put s'empêcher de souligner à son interlocutrice la médiocrité de sa situation. Le tout très détaché comme à son habitude avec la volonté d'un suicidaire sur le toit d'un immeuble.

-Homme ou femme, tu seras toujours dans les chiottes des mecs, complètement bourrée alors qu'il fait encore jour, prêt à te faire sauter par le premier venu.

Il fixa la jeune femme, le regard impassible. C'était dommage, une fille aussi mignonne. Son regard glissa sur ses longs cheveux blonds emmêlés. Il se souvint alors qu'il avait coiffé et maquillé Gwen lors de leur dernière soirée. Il avait toujours aimé coiffer ses amies depuis qu'il avait su tenir un peigne. Sans se rende compte, ou bien que la mélancolie guidât ses gestes, il  se saisit de deux mèches de cheveux de la jeune inconnue. Il aurait pu faire des merveilles avec des cheveux comme ceux-ci. Il eut juste le temps de souffler un "Voilà, très joli." Que le pervers qui s'agaçait de sa présence lui enleva les mains de sa proie en lui sifflant deux trois conseils tournant autour de sa présence ici. Erwan lui jeta un coup d'œil mauvais. Par réflexe, il avait porté la main sur le mur, prêt à absorber la faïence et lui assener un coup. Il y a encore un an, il lui aurait sauté à la gorge.

"Et je ne suis pas sûr qu'il soit ton genre non plus." Souffla-t-il acide pour lui-même.

Sa voix rauque rendait ses paroles presque inintelligibles. Cela dit, c'était son problème... Alors que son regard faisait navette entre l'homme et la fille, il tourna les talons, contrarié. Cette soirée était vraiment ridicule...


Dernière édition par Erwan McSteen le Mar 2 Mai - 23:34, édité 2 fois
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Eve Gryen
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MessageSujet: Re: It doesn't even matter...   Jeu 25 Sep - 21:26

Mon idée ne paru plaire à personne et je m'en sentis presque triste... Et, comme l'alcool exacerbait mes sens, ou plutôt mes sentiments, j'aurais presque pu pleurer sur le coup. Moi je voulais juste passer un bon moment. Bien sur, un bon moment quand vous êtes bourré et quand vous êtes sobre ça n'est pas pareil. De même quand vous êtes dépressif et que vous ne l'êtes pas. Moi je combine être dépressive et être bourrée, donc imaginez bien qu'un bon moment pour moi, c'est bien loin de la définition qu'on trouve dans le dico pour autant qu'il y ait une définition à ça.
Le pire dans tout ça, c'est qu'une petite voix me disait que c'était bien qu'il n'ait pas l'air emballé et je ne comprenais pas pourquoi. Je ne me rappelais déjà plus de mes propres pensées, je ne me souvenais plus que j'avais besoin de quelqu'un qui me regarde et qui s'intéresse à moi pour autre chose que la baise. Alors j'étais déçue, tout simplement :

« Ton pote n'est pas vraiment genre... »

Je jetais un regard à « mon pote », celui-ci attendait apparemment pas très content d'être mis sur la touche pour le moment. Il avait hâte de se vider et je ressentis un profond sentiment de lassitude : ils étaient tous trop pressés ! Il vint même se poster à côté de moi en m'attrapant le bras, genre quoi ? Je suis à lui et je n'ai pas le droit de discuter avec un autre ? Ça devrait me mettre en colère. Tant de choses devraient me révolter mais je ne fais rien. En fait malgré ma lassitude, malgré ma déception je me sens « flattée » qu'il me retienne, qu'il me veuille à ce point. Je suis bête. Je n'ai pas changé, pas du tout. Je suis toujours cette pauvre gamine qui quémande l'attention qu'elle n'a jamais eu. Je suis toujours cette idiote de petite fille trop timide pour faire les choses biens et qui se réfugie dans la facilité...
Au fond, je me dis que tout ça n'est qu'un cercle. Mon existence n'est qu'un cercle. Je me tiens au centre et je revois le même film passé encore et encore. L'histoire est la même seuls les acteurs changent. D'abord Matthew, puis Jemina et enfin Mikhaïl. Le tout ponctué de désillusion, de tristesse, de terreur, de dépression... Il y a bien quelques moments de joies par-ci par-là mais je ne les vois pas, plus j'en profite plus on me les arrache douloureusement en me mettant en face de mes échecs. Et quand je prends conscience de ma misérable existence, quand je me rends compte qu'il y a peut être un moyen pour moi de rejoindre la surface je me sens irrémédiablement attiré par le fond... j'ai tellement peur d'atteindre l'air frais. J'ai tellement peur de sortir la tête hors de l'eau et de respirer à pleins poumons... Au moins ici, même si je me noie, je n'ai peur de rien. Rien ne m'atteint :

« Homme ou femme, tu seras toujours dans les chiottes des mecs, complètement bourrée alors qu'il fait encore jour, prêt à te faire sauter par le premier venu. »

C'est méchant et complètement gratuit. Très vrai aussi. Je lui souris, je suis sure que ce sourire est étrange car ce n'est pas un sourire triste autant qu'il n'est pas joyeux. C'est un sourire tout simplement. Je sais ça, je sais que je suis une salope. Et le plus triste c'est ça : que je le sache et que je ne fasse rien pour changer. C'est tellement pathétique. Tellement risible. Ces mots là, qu'il m'a lancé certainement pour que je réagisse, je sais que ce n'était pas par pur méchanceté, je suis sure qu'au fond je le sais, ne me font rien. Rien du tout. Par contre, ses doigts qu'il glisse si doucement dans mes cheveux, ça, ça me parle.
Il y a de l'agitation autour de moi, je m'en rends vaguement compte car dans ma tête résonne les mots de cet inconnue « Voilà, très joli. » et j'ignore comment je fais pour ne pas pleurer. Qu'est ce qui me retient vraiment de ne pas chialer ? Qu'est-ce qui m'empêche de ne pas évacuer ses larmes qui montent à mes yeux en même temps que je me souviens de tous les moments de tendresses, de réels tendresses, que j'ai vécu ? Je ne sais pas. Mais je ne pleure pas. Je reste droite, sans expression, si, je suis perdue et infiniment blessée.
Je revins à ce qui devait être la réalité lorsque je l'entendis marmonner plus pour lui même qu'autre chose « Et je ne suis pas sûr qu'il soit ton genre non plus. ». D'accord, il ne s'adressait pas réellement à moi mais j'eus réellement l'impression d'émerger. Un peu je crois. Il tourna les talons et j'observais son dos sortir des toilettes. J'eus très envie de m'élancer à sa suite, de lui parler un peu plus, d'apprendre à le connaître. Pourquoi ? Je ne saurais l'expliquer, c'était comme un 6ème sens qui me disait qu'il était ce dont j'avais besoin.
Mais plutôt que ça, l'autre vint me prendre par les hanches soufflant des mots que je n'entendais pas. Embrassant mon cou sans que je le sente. Il en vint jusqu'à mes lèvres et cette fois-ci j'émergeais vraiment. Je le repoussais, d'abord doucement mais il n'eut pas l'air de comprendre me traitant d'allumeuse et continuant à balader ses mains sur mon corps... Je n'en avais que vaguement conscience, c'était mieux ainsi. Je du forcer un peu plus pour me débarrasser de son corps contre le mien. Mais il revenait, je savais qu'il continuerait jusqu'à ce qu'il ait ce qu'il voulait. Et ce que MOI je voulais dans tout ça ? Qui s'en souciait ? Mikhaïl s'était jeté de cette fenêtre sans pensé aux conséquences que ça aurait sur ma vie, Matthew m'avait protéger sans imaginer un instant que j'aurais peut être préféré le protéger et Jemina s'était aussi sacrifier pour me permettre de vivre.

Je me mis à pleurer alors que ce porc me touchait dans les toilettes. Des gens avaient donné leur vie pour moi et j'étais dans les toilettes avec un porc. Mes larmes redoublèrent, elles ne voulaient pas se tarirent. Elles ne voulaient plus s'arrêter de couler. Et lui, lui il s'en fichait. Il voulait juste se vider ce soir. Et j'étais celle qui le servirait. Ma vision était trouble, embuée d'eau. Je tremblais, dégoutée, écœurée complètement apeurée, paniquée, infiniment triste. Et je revoyais ce garçon passer ses doigts dans mes cheveux et arranger mes mèches. Et je voulais le rejoindre, lui dire qu'il avait raison, lui dire que je ne voulais plus de toutes ces conneries. Je voulais tellement qu'on s'intéresse à moi, qu'on me voit enfin ! Qu'on me voit réellement ! Et j'avais l'impression qu'il était la bonne personne.
Instinctivement je repoussais à nouveau l'étranger qui grogna de mécontentement. Il tenta à nouveau de revenir mais je secouais la tête et le maintins à distance en envoyant une onde sonore à 120 déci-Bell, histoire de le sonner le temps que je sorte des toilettes. Le plan, si c'en était un, fonctionna et je sortis en courant. Je revins dans la salle priant pour que l'autre reste aux chiottes et n'en sortent pas. Mes yeux cherchaient le garçon, celui que je venais de croiser. Ou était-il ? Je vis son dos, ce même dos que j'avais eu envie de suivre, s'engager par la sortie et je me frayais un chemin en bousculant quelques personnes sur mon passage : je ne voyais que son dos. Il n'y avait que lui, je ne faisais attention à rien d'autre. Je ne savais pas si j'étais seule ou pas. Je ne savais plus s'il y avait du monde autour de moi.

Je le rattrapai. Je le retins par la main. Et je crois qu'à cet instant je me sentais comme le roi Arthur ayant trouvé le saint Graal, lui ou l'un des chevaliers de la table ronde en fait (bien qu'à ma connaissance aucun ne l'ait trouvé mais s'il l'avait trouvé je suis sure qu'il se serait sentie comme ça !), c'est à dire que je me sentis instantanément mieux. Aller savoir pourquoi. C'est peut être l'air frais de l'extérieur qui me fit cet effet en fait, la porte était ouverte. Je me cramponnais à sa main comme à une bouée de sauvetage :

« Je... Tu... Enfin... Pfff. Tu as raison, il n'est pas mon genre. »

Je le regardais et j'essayais de faire le vide dans ma tête, de me concentrer un peu au lieu de divaguer d'un point à l'autre. En sortant des toilettes je n'avais pas oser me regarder dans la glace, mes vêtements devaient être mal mis à cause de l'autre dégoutant, mon maquillage avait du couler parce que j'avais pleuré, mes joues devaient être rougie, mes yeux aussi. Je n'avais rien, rien, d'une jolie jeune femme :

« Mais... Je ne veux pas dire que tu es mon genre hein ! Pas que tu sois laid ou quoique ce soit. Dans l'absolu je suppose que tu me plairais mais, enfin bon, je... je parle trop. Je voulais juste dire que ben, tu avais raison, dans tout ce que tu as dit et tout ce que tu n'as pas dit. Et... C'est peut être un peu bizarre et je trouve ça moi même complètement débile mais, on pourrait faire un tour ? »

Si j'avais été sobre, tout aurait été si différent : jamais je n'aurais osé lui faire une telle proposition autant que jamais je ne me serais retrouver dans une telle situation. Quand j'eus fini ma phrase, je me sentis à la fois ridicule et plus légère. Je voulais partir d'ici, très loin et, à nouveau je ne pu retenir quelques larmes qui glissèrent le long de ma joue. Ce mec allait me prendre pour une folle et moi j'étais trop bourrée pour me dire que c'était mal. De toute façon, je n'allais certainement pas me rappeler de cette soirée et ça pouvait avoir de bons comme de mauvais côtés.
Pourtant, quelque chose avait changé. Au fond ce gars avait amorcé mon retour. Peut être demain ne verrais-je pas ses traits se former dans mon esprit mais il y aurait ce petit truc de différent qui ferait que je ne retournerai pas au bar demain soir.
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Erwan McSteen
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MessageSujet: Re: It doesn't even matter...   Mar 30 Sep - 22:20

Spoiler:
 

Erwan aurait aimé s'allumer une cigarette, mais le nœud serré autour de son estomac lui rappelait ce détail qu'il avait bien du mal a accepté : il était sur la paille. Le corps commençant à trembler de manque, il s'éloignait du bar en frictionnant sa veste sur ses bras. En plus de n'avoir plus de quoi fumer, pas grand-chose pour manger, et le reste parti dans sa boisson vite consommé, le froid s'aoutait maintenant à la liste des inconvénients. La pensée que la vie lui faisait un pied de nez géant l'effleura et le conduisit à un l'amorce d'un raisonnement. Allait-il mourir jeune ou plus précocement suite à l'addition de tous ces paramètres à nature soustractive ? Il allait se pencher sur cette question lorsque que sa main se retrouva brutalement accablée d'un poids. Il tituba, surpris, quelqu'un venait de lui saisir la main et semblait vouloir la conserver à tout prix, pressant ardemment sa paume. Le coupant brutalement de son envolée métaphysique. Il tituba un peu et alarmé se retourna. Derrière lui, la fille blonde et ivre des toilettes lui tient fermement la main. Elle le fixe de manière inespérée. Il resta bête face à ce regard, il était tout à l'opposer de ceux qu'on lui jetait d'habitude.

« Je... Tu... Enfin... Pfff. Tu as raison, il n'est pas mon genre. »

La fille, essoufflée, sa manche pend sur son épaule, laissant son soutien-gorge à découvert. La chair de poule gagnait son buste et seins. Et ce regard... D'humides toiles d'araignée finissent leur course le long de ses joues, le seul maquillage qui lui reste est le rouge qui lui cercle les yeux. Il ne la connait pourtant pas et l'a rejeté une minute plus tôt, mais s'inquiète. Il n'aime pas voir une fille pleurer. Il s'inquiète d'abord au sens de ses paroles, surement est-ce l'autre qui lui a fait du mal, après tout, elle est à moitié déshabillée. Une curieuse pensée lui traverse l'esprit : Jusqu'où sont-ils allés ? Elle est remplacée par une autre pensée étrange : C'est peut-être lui-même qui est à la cause de ces larmes. A-t-il bien fait ? Il n'a pas le temps d'aller plus loin car, agrippée à sa main, l'essoufflée reprend :

« Mais... Je ne veux pas dire que tu es mon genre hein ! Pas que tu sois laid ou quoique ce soit. Dans l'absolu je suppose que tu me plairais mais, enfin bon, je... je parle trop. Je voulais juste dire que ben, tu avais raison, dans tout ce que tu as dit et tout ce que tu n'as pas dit. Et... C'est peut être un peu bizarre et je trouve ça moi même complètement débile mais, on pourrait faire un tour ? »

Erwan se perdit dans le regard de détresse. Au fond de la pupille de cette fille débraillée, c'était comme-ci il pouvait voir une enfant hurler de douleur. Il peut sentir sa paume moite sur la sienne, il y jette un coup d'œil rapide, comme pour s'assurer qu'il s'agissait bien sa main au bout de la sienne. Secrètement, il réalise, presque ému que c'est la première qu'on lui prend la main de cette manière. Voilà longtemps que quelqu'un n'avait réussi à le mettre dans une situation embarrassante.
« Dans l'absolu, reprit-il comme la jeune fille, je dirais que tu parles plus, mais mieux. » Toutefois, le mutisme d'Erwan ne l'empêcha pas d'afficher un regard quelque peu soulagé, de voir que cette fille est finalement dotée d'une raison et qu'elle se soit fatigué des lavabos et des urinoirs. Une phrase reste cependant en suspens « dans tout ce que tu as dit et tout ce que tu n'as pas dit », Elle lui fait écho, il aime sa tournure. Il se reconnait étrangement dedans, à en oublier la situation dégradante de celle qui vient de la prononcer. Un souvenir lui vint, d'une autre fille qui, dans un lieu des plus incongrus, avait tenu des paroles des plus éloquentes. Il laissa cette dernière songerie de côté, pour répondre à la jeune fille qui, il le sentait, allait s'enfuir en courant morte de honte s'il ne réagissait pas. À son habitude, ses propres sentiments reste cloitré en lui pour laissait s'exprimer d'autres mots, plus banals...

« ...Je ne pense pas que faire un tour soit quelque chose de stupide. »

Sa main est toujours accrochée à la sienne, sur son poignet, une colombe s'envole. Il a toujours aimé les oiseaux. Bien que le tatouage était d'une grande banalité.
La fille avait l'air plus consciente que toute à l'heure. Comme-ci ses mots avaient eu l'effet d'une claque sur elle. Il songea à l'argument du désespoir, ou de l'espoir, tout dépendait du point de vue... Ses yeux dorés examinèrent son visage. Curieusement il le trouvait plus joli ici que sous la lumière agressive des néons, plus honnête, bien qu'une autre personne aurait frémi –d'horreur ou de rire- face à la dégoulinante trace de sa beauté artificielle. Combien de mouches avait-elle attrapé grâce à cette toile arachnide ? Il espéra, pas trop, pour elle.

« Tu ne dois pas pleurer à cause de ce que j'ai dit tout à l'heure.»

Il soutint volontairement l'œil injecté de celle qui s'accrochait à lui comme un radeau. Bien qu'il s'agissait de la vérité est, les pleurs ne changeraient rien à cela, c'était en partie ce qu'il voulait dire.
Il inspira, se faisant plus sérieux, considérant un instant le tourbillon d'émotion qu'il soupçonnait en elle, puis finit par ajouter :

« Avant tout, tu devrais boire de l'eau, sinon ton foie te le fera payer et plus tôt que tu ne le penses. »

N'osant bouger le bras auquel pendait la fille, ses pensées allèrent à son feu-compagnon de lubricité. Il espérait surtout qu'il n'allait pas débarquer alors qu'il passait en revue toutes les possibilités s'offrant à lui. Mais il avait du mal à réfléchir, avec cette fille au bout de la main qui le fixait anormalement. Il décida alors qu'il allait peut-être l'aider, et ce même si l'autre revenait. Tant que cette fille lui tiendrait la main, se serait comme une promesse muette entre lui et elle. Il veillerait à ce qu'elle marche droit. Littéralement ; à moitié avachie sur lui, ce ne n'aurait pas été impossible qu'elle s'étale au sol et lui avec au bout de quelques mètres...


Dernière édition par Erwan McSteen le Mer 3 Mai - 0:33, édité 1 fois
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Eve Gryen
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MessageSujet: Re: It doesn't even matter...   Ven 3 Oct - 23:09

Pourquoi essaye-t-on à ce point d'avoir de l'importance aux yeux des autres ? Pourquoi est-ce qu'on ne se contente jamais de ce que l'on possède ? Je me demande si les réponses existent. Et, si elles existent, je me dis qu'elles doivent être bien loin de nous, genre dans les étoiles. C'est bien simple, tout ce que je veux et que je ne peux pas ou plus avoir, je le mets dans les étoiles. Visible mais trop lointain pour être atteint. Lumineux, un guide qu'on suit et qu'on ne rejoint jamais. Mais j'ai besoin de quelqu'un de réel, de présent, de là, juste à mes côtés. C'est pour ça, que je n'arrive pas à lâcher sa main... Je ne le connais pas, j'ignore son nom et ses traits sont flou parce que l'alcool est encore présent dans mon organisme. Pourtant, je sens la chaleur de sa main et c'est ce qui me rassure, ce qui me conforte dans mon choix. Cette chaleur, douce et rassurante. Cette chaleur qu'une étoile n'apporte pas car elle est trop lointaine. Ainsi, lui, il s'apparenterait plutôt à un soleil : au soleil de ma nuit. J'ai trouvé mon soleil alors que la lune brille encore dans le noir et que je me sens aussi bien que mal. Il sourit, ça m'illumine. Je crois, je ne sais plus trop. Je trouve ça beau, j'ai toujours aimé les sourires. C'est rassurant, c'est doux. Lui, en plus, il est juste vrai. Authentique, et ça le rend encore plus précieux :

« Je ne pense pas que faire un tour soit quelque chose de stupide. »

Ce n'est pas tant faire un tour que je trouve stupide, c'est l'idée si simple de lui demander à lui alors que je viens de lui proposer de coucher. Quand il me dit ça, je recadre mes pensées, j'essaye de maintenir un semblant de cohérence dans mon esprit. Et je sens sa main qui me rappelle celle de Mikhaïl, cette main que j'ai tenu alors qu'il était mort. Cette main que j'ai refusé de lâcher tandis qu'elle refroidissait. Alors celle-ci, je refuse de la laisser partir. Elle est chaude. Elle est en vie. Et moi aussi. Je suis en vie. Je crois, j'en suis sure en fait, qu'on n'y prête jamais assez attention. C'est vrai quoi ! C'est tellement naturel d'être en vie. Il n'y a que ceux qui ont frôlé la mort qui s'y attarde. Pour les autres, c'est juste normal. Et pour moi, pour moi ça a été important à un moment et ça ne l'a plus été. J'ai juste bousillé ma vie, j'ai gâché ce précieux temps qu'on ne me rendra jamais et je trouve ça triste... Un peu con aussi.

Et puis je sens qu'il m'observe et je me demande à quoi il pense. Qu'est-ce qu'il voit ? Comment est-ce qu'il me voit ? Je ne veux pas qu'il me trouve jolie, mignonne ou quoique ce soit du genre. Je ne veux pas non plus qu'il ait pitié et qu'il me voit comme une pauvre petite chose fragile. Je veux qu'il me voit comme je suis mais c'est impossible car là, actuellement, je ne suis pas sure d'être moi : je suis moi mais en moins bien. C'est ça. Tout simplement. Cependant, je suis sure qu'il a remarqué mes larmes. Je les sens encore et j'imagine mon maquillage dégoulinant. Le masacra noir, le crayon tout aussi sombre. L'ombre à paupière et toutes ces merdes, tous ces subterfuges pour faire semblant d'être belle :

« Tu ne dois pas pleurer à cause de ce que j'ai dit tout à l'heure. »

Et toutes mes appréhensions se confirment : il me croit fragile, facilement abbatue. Par de simples mots... Je me sentirais presque offusquée mais je n'ai pas la force de l'être ni même la présence d'esprit. Je ne vois pas plus loin que mon nez. Ou mon nombril, c'est selon. Je ne cherche pas plus en profondeur. Je crois juste qu'il essaye de me consoler. Et j'apprécie l'effort mais jamais ça ne m'a paru autant intuile. Je pleure non pas parce qu'il m'a insultée mais parce que je me suis moi-même insultée. Et aussi parce que je me sens terriblement seule.

C'est dans des moments comme ça que l'on se rend compte que l'on ne se comprend que très rarement entre être humain. Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé que mener une conversation était difficile car nos mots étaient souvent incompris. Et pas que nos mots. Nos sentiments, nos émotions... Tant de choses si difficile à transmettre. J'ai aussi compris que Mikhaïl, plus que les autres n'y parvenait pas, et que ça le blessait. Tellement qu'il a mis fin à ses jours. À partir de là, j'ai cesser de m'en vouloir...

Je n'ai d'ailleurs pas le temps de répondre, enfin peut être que si, c'est juste trop confus et je n'ai plus la moindre notion du temps qui passe. J'aimerai juste lui dire que ces larmes ne sont pas à cause de lui car l'idée qu'il puisse s'en vouloir m'effleure enfin et elle me répugne. De pauvres mots, qui étaient de circonstances, ne pourraient me faire plus de mal que je ne m'en fais, que je ne m'en inflige. Et la réelle raison de ces larmes est juste dans les toilettes. Je l'ai laissée derrière moi en espérant qu'elle ne me court pas après :

« Avant tout, tu devrais boire de l'eau, sinon ton foie te le fera payer et plus tôt que tu ne le penses. »

Une part de moi sait qu'il a raison et tout le reste s'en fiche. Je ne suis pas exactement dans de bonnes conditions pour une discussion. Je veux être écoutée mais pas me préocuper des autres. J'ai envie d'être égoïste, plus que d'habitude. Je ne veux pas boire de l'eau et je ne veux plus pleurer. Je ne veux d'ailleurs pas expliquer pourquoi je pleure. Et je ne veux pas lâcher sa main. Je trouve qu'elle a sa place là ou elle est : dans la mienne.

Je lève les yeux vers le ciel et je vois la lune, enfin de la devine. Je me rappelle de cette stupide histoire que j'avais raconté à Gwendolyn. Je lui avais dit qu'elle veillait sur nous et que, si cette nuit-là elle m'avait tenu éveillée c'était pour que je trouve Gwendolyn et que je sois là alors qu'elle allait mal. Silencieusement, je la remercie, cette lune, pour avoir mis ce garçon sur mon chemin. Pour l'avoir guider jusqu'à moi ou l'inverse. Peu importe : le résultat est le même :

« Dis, tu crois que le destin existe ? Moi, j'y crois pas. Ce serait trop simple non ? Genre tout est écrit à l'avance et quoi qu'on fasse, c'est inéluctable. J'en veux pas d'une vie pareille. Enfin... J'ai déjà une vie de merde hein. Clairement. Mais au moins c'est moi qui ai choisi... Enfin plus ou moins. Parce que tu vois y a des évènements qui sont complètement indépendants de ma volonté. Et je crois que ça, ce truc que je fais, c'est aussi un peu indépendant. Je veux pas être comme ça, en plus je sais, je sais que c'est pas bien. Mais c'est plus facile. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire. Mais c'est presque comme quand tu manges du chocolat ! Tu sais que c'est pas bon pour la ligne mais tu en manges quand même. Et ben là, je sais que j'agis comme une salope mais je le fais quand même. Pas spécifiquement parce que j'aime ça... Quoi que, je sais même pas si j'aime ça. Alors peut être que si. Enfin... C'est surtout parce que c'est facile. Genre, très très simple. Se bourrer la gueule et coucher c'est ce qu'il y a de plus simple. Et ça m'aide. Enfin non, mais j'ai l'impression que ça le fait. Alors c'était tout bénef'. Mais je parlais de quoi moi déjà ? Ah oui ! Les étoiles ! Elles sont belles ce soir. Une amie m'a dit qu'elles nous guidaient. Qu'elles étaient genre, ceux qu'on avait perdu et qu'ils nous observaient depuis le ciel. Des conneries non ? Mais moi je trouve ça beau. Et je crois que ça j'ai envie d'y croire. Pas comme le destin. Ça définitivement, je veux pas y croire. Et toi, toi t'en penses quoi ? »

Les mots sortent, je ne suis pas sure de les prononcer. Je ne suis pas sure de les penser non plus. Soyons claire : je ne suis sure de rien. Comment le pourrais-je ? Le monde tourne autour de moi, (le monde change c'est fou mais reste le même malgré tout, car il faut tous les attraper, être le plus déterminé tutututu, tulututut Pokémon Jotoh !), et me paraît si flou, si peu réel...

J'ai la sensation de marcher tandis que je parle mais je n'en suis pas sure. Ça tangue : ça se rapproche plus du bateau que de la marche. Et comme je ne suis sure de rien, je suis peut être sur un bâteau. L'idée est plutôt sympa d'ailleurs : une petite croisière et tout et tout. Par contre j'ai très très envie de vomir. Comme si j'avais le mal de mer alors que je suis sure de ne pas l'avoir.

La réalité me rattrape, je lâche sa main, je m'accroche à un mur qui passe par là, je crois que c'est un mur, ça pourrait être le sol je ne sais pas. Je ne sais plus rien. Ni ma droite ni ma gauche. En tout cas c'est froid est dure et je vomis. Toutes mes trippes. Ça n'a rien d'agréable, l'odeur est dégueulasse, la sensation atroce. Mais je ne récolte que le fruit de mes déboirs. Manquerait plus que la MST. Entre deux rejets, je ris. Un peu hystériquement. Mais je me dis que je suis au fond. Totalement au fond. Je ne peux que remonter non ? Alors je le regarde, ce gars qui est sensé être mon soleil, je le regarde et je dis peut être mes premières paroles sensées de la soirée :

« S'il te plait, aide moi... »

Je m'entends prononcer ces lettres, ces syllabes mais je n'y crois pas. C'est un cri du cœur, ça ne vient pas que de mes cordes vocales. Ça vient de tout mon être parce que définitivement, je ne voulais pas lâcher sa main.

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